Amazon teste des robots humanoïdes pour « libérer » son personnel

Robot Digit d'Amazon

Le géant du commerce en ligne Amazon expérimente l’utilisation de robots humanoïdes dans ses entrepôts aux États-Unis. L’objectif : optimiser la productivité et alléger la charge de travail des employés humains. Mais cette initiative suscite aussi des critiques de la part des syndicats, qui craignent des conséquences négatives sur l’emploi et les conditions de travail.

Digit, le robot qui imite l’homme

Amazon a dévoilé son nouveau prototype de robot humanoïde, nommé Digit, qui est capable de manipuler des objets avec une dextérité proche de celle d’un humain. Doté de deux bras, de deux jambes et d’une tête équipée de capteurs, Digit peut se déplacer comme un bipède, franchir des obstacles et porter des colis. Il est conçu pour travailler en collaboration avec les employés humains, en prenant en charge les tâches les plus difficiles ou dangereuses.

Amazon affirme que Digit permettra de « libérer » ses employés, en leur offrant plus de temps et de possibilités pour se consacrer à des activités plus valorisantes et créatives. Le robot est également censé améliorer la sécurité et l’efficacité des opérations logistiques, en réduisant les risques d’accidents et les erreurs humaines.

Une automatisation contestée

Mais cette innovation technologique ne fait pas l’unanimité. Le syndicat britannique GMB, qui représente une partie des travailleurs d’Amazon, a dénoncé l’automatisation croissante des entrepôts du groupe, qu’il accuse de traiter ses employés « comme des machines ». Le syndicat affirme que l’introduction de robots humanoïdes va entraîner des suppressions d’emplois massives et une dégradation des conditions de travail.

Le syndicat demande à Amazon de garantir la sécurité et le bien-être de ses employés humains, ainsi que leur participation aux bénéfices générés par l’automatisation. Il réclame également un dialogue social avec la direction du groupe, pour discuter des impacts sociaux et économiques de la robotisation.

Un pari sur l’avenir

Amazon, de son côté, assure que l’automatisation ne menace pas l’emploi, mais au contraire le crée. Le groupe affirme avoir embauché plus de 400 000 personnes dans le monde en 2022, malgré la pandémie de Covid-19 et le recours accru aux robots. Il revendique également plus de 750 000 robots « collaborant en harmonie » avec son personnel humain, dans plus de 50 centres logistiques.

Amazon soutient que l’automatisation permet de créer de nouveaux emplois qualifiés, liés à la conception, à la maintenance et à la supervision des robots. Il met en avant sa politique de formation et d’éducation, qui vise à accompagner ses employés dans la transition vers ces nouveaux métiers.

Amazon teste donc les limites de la robotique humanoïde, dans un secteur où la concurrence est féroce et où la satisfaction du client est primordiale. Le groupe espère ainsi se positionner comme un leader de l’innovation et anticiper les besoins du marché. Mais il devra aussi faire face aux défis éthiques et sociaux que pose cette révolution technologique.

Adeline G.

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